Commerce Extérieur : La Côte d’Ivoire frôle les 2 000 milliards FCFA d’excédent en 2024 malgré un déficit en 2022

La Côte d’Ivoire a démontré une remarquable résilience commerciale entre 2020 et 2024. Avec des exportations bondissant de 72,4% pour atteindre 12 354 milliards de FCFA et un solde commercial frôlant les 2 018 milliards de FCFA, le pays s’impose comme une locomotive économique régionale. Pourtant, ce parcours n’a pas été linéaire car 2022 a marqué un décrochage inattendu avec un déficit commercial de 827 milliards, seule ombre au tableau d’une performance globalement notable.

Le cacao : entre tradition et transformation

Le cacao demeure l’épine dorsale des exportations ivoiriennes. Si les fèves rapportent 2 421 milliards de FCFA en 2024, c’est la transformation locale qui vole la vedette. Les exportations de cacao transformé ont explosé de 118,3%, passant de 886 à 1 933 milliards de FCFA en 2024. Cette montée en valeur ajoutée illustre une stratégie industrielle payante : transformer localement plutôt qu’exporter brut. Paradoxalement, les volumes de fèves exportées chutent de 1,49 à 1,06 million de tonnes, compensés par des cours mondiaux favorables.

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Les nouveaux champions de l’export

L’or brut s’impose comme la nouvelle star avec une croissance fulgurante de 126,3%, atteignant 1 906 milliards de FCFA et représentant 15,4% des exportations totales. Le caoutchouc naturel explose également (+149,5%) à 1 490 milliards. Mais la surprise vient des produits pétroliers raffinés qui progressent remarquablement de 223,9% atteignant 1 301 milliards de FCFA, révélant l’émergence d’une capacité de raffinage significative.

Une structure d’importations révélatrice

Les importations dessinent les vulnérabilités du pays. Le pétrole brut domine avec 1 472 milliards de FCFA, suivi des produits pétroliers raffinés (1 328 milliards) et des machines mécaniques (790 milliards). Plus préoccupant, le riz importé coûte 610 milliards de FCFA en 2024 (+92%), révélant une dépendance alimentaire structurelle. Les biens intermédiaires (30,6% des importations) et d’équipement (18,4%) témoignent toutefois d’une économie en pleine industrialisation.

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Un échiquier commercial reconfiguré

La Suisse émerge comme premier client avec 1 668 milliards FCFA, quadruplant ses achats en cinq ans, essentiellement en or et cacao. Les Pays-Bas (1 522 milliards) complètent le duo européen dominant. Sur le plan sous-régional, le Mali s’impose comme premier client africain avec 977 milliards de FCFA (+156,6% depuis 2020), suivi du Burkina Faso (457 milliards), confirmant le rôle central de la Côte d’Ivoire dans l’approvisionnement de la zone sahélienne.

Côté fournisseurs, la Chine règne en maître avec 1 619 milliards de FCFA (15,7% des importations), devant le Nigeria qui injecte 1 401 milliards, essentiellement en pétrole brut. La France (655 milliards), la Belgique (523 milliards) et les États-Unis (507 milliards) complètent le top 5, illustrant une diversification géographique des approvisionnements. L’Inde (490 milliards) et la Russie (268 milliards) témoignent d’un élargissement progressif vers de nouveaux partenaires stratégiques.

Le défi de la montée en valeur

Le taux de couverture, qui mesure la capacité des exportations à financer les importations, est passé de 117,2% en 2020 à 119,5% en 2024, malgré une chute à 92,4% en 2022. Cette amélioration traduit un commerce extérieur structurellement excédentaire. Néanmoins, les défis persistent, notamment la diversification au-delà du cacao et de l’or, la réduction de la facture alimentaire et pétrolière, et surtout, accélérer la transformation industrielle. Le potentiel est immense, la trajectoire prometteuse.

Source: MADIS INVEST

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